On arrive à la fin du mois de mai, et si on faisait un petit bilan de nos conversations ? Pas celles que l'on a pour meubler le silence avec le boulanger ou les collègues, mais celles que l'on a avec soi-même, ou que l'on n'ose pas engager avec ses proches.
Pendant quatre semaines, nous avons exploré les coulisses de notre communication. Nous avons parlé d'ouverture, d'expression, de liberté d'être. Pourtant, il y a un piège classique dans lequel tombent la majorité des personnes qui cheminent : la tyrannie du "tout va bien". On se persuade qu'on est fort, qu'on a compris le fonctionnement de nos émotions, alors face à une contrariété, une déception ou une petite peur, on sourit. On ravale le mot, on serre les dents, et on se convainc que « ce n'est rien, ça va passer ». On se crée une armure de positivité, mais à quel prix ?
La somatisation : quand le corps prend le relais du silence
Le corps possède une mémoire infaillible. Un mot que l'on choisit de taire, une limite qu'on n'ose pas poser pour ne pas déranger, cela ne disparaît jamais dans le néant. Ce qui ne s'exprime pas s'imprime dans la matière. Cela se transforme en une tension douloureuse entre les omoplates, en un nœud à l'estomac qui refuse de se dénouer, ou en une insomnie tenace à 3 heures du matin. C'est le moment précis où le mental prend le relais du corps et se met à tourner en boucle pour tenter de digérer ce qui a été étouffé pendant la journée.
À force de vouloir protéger son entourage, d'éviter le conflit ou de vouloir à tout prix paraître aligné et fort, on s'épuise. On maintient une jolie façade alors que l'intérieur réclame simplement un peu de vérité et de repos. Le surmenage commence souvent là : dans ces petits renoncements quotidiens où l'on s'oublie pour faire plaisir.
Oser la vérité du cœur
La vraie communication commence par L' honnêteté avec soi-même. Dire « je suis épuisé.e », « j'ai peur » ou « là, je n'y arrive plus tout.e seul.e », ce n'est pas un aveu d'échec. C'est le premier pas pour faire redescendre la pression de la tête et laisser les poumons respirer.
En avançant vers le mois de juin, je vous invite à déposer les armes et les masques de protection. Regardez où se logent vos silences. Qu'avez-vous choisi de ne pas dire cette semaine pour "garder le contrôle" ? Le monde ne va pas s'effondrer si vous montrez votre vulnérabilité. Bien au contraire, c'est souvent en osant ouvrir l'espace que la fluidité revient, que les relations s'allègent et que le corps retrouve son calme.
Foutez-vous la paix, et laissez votre cœur parler.🤍
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